Retour d’expatriation : arriver en France

La crise sanitaire vous contraint ou vous a décidé à quitter votre pays d’expatriation quel ,qu’il soit ? Ou au contraire, votre retour était prévu de longue date ? Etant moi-même passée par là, je vous délivre quelques conseils administratifs pour gérer au mieux l’étape délicate du retour en terre française.

Une ressource que je vous conseille : la page “Préparer son retour en France” du site du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères qui regorge de bons conseils.

Premier sujet de préoccupation : le logement. A moins que vous ayiez conservé un pied à terre en France (qu’il va alors vous falloir récupérer si vous l’aviez mis en location), vous voilà à la recherche d’un logement en France. Trois possibilités s’offrent à vous : soit louer, soit acheter, soit squatter ! Dans l’ordre, il me semble que le squat chez la famille ou les amis est souvent la première étape lors d’un retour d’expatriation !

Une fois trouvé le bien rêvé, il va vous falloir justifier d’un domicile en France, fournir vos dernières quittances de loyer, vos derniers relevés d’impôts etc…

Pas simple lorsque ces documents sont dans une langue étrangère et que l’agent immobilier n’a pas envie de se compliquer la vie avec notre dossier alors que la liste des prétendants au logement en vue est longue… Encore moins simple de fournir un justificatif de domicile en France alors que nous sommes justement en pleine recherche d’un logement ! Pour notre part, nous avons souscrit avant notre retour un abonnement téléphone domicilié chez nos parents. Cette facture nous a tout de suite servi de justificatif de domicile et une fois notre logement trouvé, il nous a suffit de procéder au changement d’adresse. Autre solution : obtenir une attestation d’hébergement chez un proche, la seule contrainte étant que cet hébergement doit durer depuis plus de trois mois…

Il est également nécessaire de justifier de revenus et d’un emploi en France. Pas évident quand le retour d’expatriation coïncide avec la fin d’un contrat professionnel ! Si vous n’avez pas de garant dans votre entourage, vous pouvez demander une caution gratuite auprès de www.visale.fr, même si pour eux aussi, il va vous falloir fournir votre contrat de travail…

Pour augmenter les chances que notre dossier soit choisi par le propriétaire, et pour le personnaliser un peu, j’ai rédigé une petite lettre de motivation assortie d’une photo de la famille, afin d’expliquer notre parcours et notre sérieux. Et ça a marché ! Ouf ! Une grosse épine du pied en moins !

Une fois que vous aurez une adresse, vous pourrez procéder à l’inscription de vos éventuels enfants à l’école d’affectation de votre domicile.

Sachez que cette inscription est obligatoire dans les huit jours qui suivent votre retour en France à moins d’informer le Directeur Académique des Services de l’Education Nationale (DASEN) que vous dispenserez “l’école à la maison” à vos enfants. Cette demande écrite doit comporter le nom, le prénom, la date de naissance et l’adresse des parents et des enfants ainsi que l’adresse où sera dispensée l’instruction si elle est différente de celle du domicile.

A savoir : un retour d’expatriation d’un pays anglophone peut être une bonne occasion d’inscrire vos enfants en cursus international où les places sont souvent réservées à des retours d’expatriation ou à des étrangers expatriés en France. Un bon moyen de capitaliser les acquis linguistiques de vos enfants. Si possible, je vous conseille d’anticiper et de demander l’inscription avant-même votre retour en France.

Une fois que vous disposerez d’une adresse fixe, vous pourrez aussi demander les allocations familiales auprès de la CAF.

Si vous ramenez votre voiture d’expatriation, sachez que vous avez un mois pour la faire immatriculer en France ! Les démarches se font en ligne ici.

Si cette voiture a été préalablement immatriculée en France, pensez à renseigner votre ancienne immatriculation française. Pensez aussi à vous munir de votre carte grise d’origine (si jamais vous avez dû la fournir aux autorités de votre pays d’expatriation comme cela a été le cas pour nous en Suède, j’espère que vous en avez fait un scan !), éventuellement de votre carte grise étrangère, d’un justificatif de domicile et d’une attestation de contrôle technique.

Question santé, sachez qu’un texte de loi de juin 2020 permet la suspension du délai de carence de Sécurité Sociale pour les expatriés. En effet, en temps normal, un expatrié français de retour en France doit attendre trois mois avant de bénéficier de la sécurité sociale. La situation actuelle liée à la covid ayant forcé de nombreux expatriés à revenir en France, ce délai de carence a été suspendu entre le 1er mars et le 30 septembre 2020.


Si vous êtes de retour en France de façon permanente et n’exercez pas de profession, vous devrez vous adresser à la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ou à la Caisse générale de sécurité sociale (CGSS).

Si vous revenez temporairement, vos soins seront couverts par : 

  • la Caisse des Français à l’étranger (CFE)
  • le CNAREFE (Centre national des retraités de France à l’étranger)
  • votre assurance maladie privée.

Enfin, en vrac, pensez à vous réinscrire sur les listes électorales, à souscrire une assurance habitation et voiture, à trouver une mutuelle…

Après ce parcours du combattant, vous aurez bien mérité de vous poser un peu et de profiter des beautés et des bons petits plats français, de la famille et des apéros retrouvés entre amis !

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