Astrid Lindgren

Astrid Anna Emilia Lindgren est une romancière suédoise (1907-2002) surtout connue pour son personnage de petite fille intrépide, Fifi Brindacier (Pippi Långstrump).

Astrid Lindgren a également écrit des romans d’héroïque fantaisie comme Les Frères Cœur-de-lionMio, mon Mio ou Ronya, fille de brigand. Parmi les romans traduits en français, notons aussi Les Confidences de Britt-Marie, Rasmus et le vagabond, Le Petit Dragon aux yeux rouges, ou encore Zozo la tornade de son nom original : Emil i Lönneberga. Au total, ce sont plus de 150 millions d’exemplaires vendus dans le monde et des traductions de ses oeuvres dans plus de 100 langues.

 

Le développement de la littérature jeunesse

En plus d’être une auteure reconnue, Astrid Lindgren était directrice du département jeunesse de sa petite maison d’édition. Ainsi, entre 1947 et 1960, elle joua un rôle déterminant dans le développement et la promotion de la littérature jeunesse en Suède, et même au-delà des frontières. Elle affectionnait elle-même écrire pour les enfants et affirmait qu’il n’était pas nécessaire d’avoir des enfants pour écrire pour eux, qu’il suffisait juste de se souvenir de sa propre enfance.

Astrid Lindgren tenait à ce que ses livres procurent du plaisir à ses lecteurs. Elle avait coûtume de dire “Si je peux apporter un peu de soleil à un seul enfant, je serai contente”. Et c’est bien ce qu’elle fit tout au long de sa carrière et de sa vie.

Influence de Selma Lagerlöf ? 

Astrid Lindgren aurait-elle été influencée par Selma Lagerlöf, autre grande romancière suédoise pour enfants ? Même si le fameux Nils Holgersson partage bien des points communs avec la petite Fifi, la question reste ouverte… Et petit clin d’oeil, Astrid Lindgren reçoit en 1950 le prix Nils Holgersson récompensant les auteurs des meilleurs romans jeunesse en Suède.

En tout cas, Astrid Lindgren et Selma Lagerlöf ont toutes les deux en commun le fait de figurer sur le billet de banque suédois de 20 couronnes. Un bel honneur !

 

 

 

Un thème récurrent de son oeuvre

A 17 ans, la jeune Astrid Lindgren vit un drame personnel qui marquera sa vie et son oeuvre. En effet, pour ne pas subir la honte d’être fille-mère dans une époque très conservatrice, elle se résout à accoucher au Danemark et à confier la garde de son petit garçon à une nounou de Copenhague. De retour en Suède, Astrid Lindgren sera submergée par la culpabilité ; la peur de l’abandon sera désormais un thème récurrent dans son oeuvre.

Quelques années plus tard, Astrid Lindgren se marie à un homme qui adopte son fils et le fait revenir au foyer. Après l’arrivée de leur fille Karin, Astrid retrouve enfin la paix entourée des siens.

 

Grand-mère morale de la Suède 

Bien qu’Astrid Lindgren soit issue d’un milieu traditionnel, conservateur et pieux, elle deviendra une grande figure réactionnaire de son époque. Progressiste et féministe, elle sera une fervente défenseur de la voix des enfants, de la paix dans le monde, des droits des femmes, du bien-être des animaux, et du respect de la nature. Femme politique influente, elle fera même tomber le gouvernement démocrate dans les années 70 et obtiendra même une loi portant son nom, dédié au bien-être des animaux !

Parlant plusieurs langues étrangères, Astrid Lindgren travaille à la censure des courriers pendant la seconde guerre mondiale. Dans les écrits qu’elle a entre les mains, elle découvre alors les horreurs de la guerre et le quotidien des peuples européens. Comme de très nombreux autres suédois, elle aura dorénavant mauvaise conscience de vivre à l’abri et en sécurité, dans un pays neutre.

Est-ce que Greta Thunberg, cette jeune activiste écologiste suédoise, ne serait pas l’héritière d’Astrid Lindgren ? Bien possible. En tout cas, elles prônent toutes les deux le même modèle et ce qui est sûr, c’est qu’elles sont toutes les deux des porte-paroles d’une société suédoise très avance sur les questions de respect des autres et d’écologie et c’est tant mieux.

Le saviez-vous ?

L’oeuvre d’Astrid Lindgren est aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO tandis que toute sa correspondance figure désormais aux archives nationales de Stockholm.

Six semaines seulement après sa mort, en 2002, le gouvernement crée le prix Astrid Lindgren qui consacre des auteurs jeunesse, des illustrateurs ou des associations œuvrant pour la littérature jeunesse.

 

Et pour ceux qui auraient vu le film Astrid paru en 2019, il semblerait que la personnalité, les goûts et le caractère d’Astrid Lindgren y aient très mal été retranscrits. Seul le contexte de la naissance de son fil et sa relation avec lui serait juste. En tout cas, la famille de l’auteure est paraît-il atterrée de cette adaptation. A vous de juger !

Petit lexique suédois :

en bok = un livre
skriva = écrire
en författare = un écrivain
ett pris = un prix

2 thoughts on “Astrid Lindgren

  • 8 décembre 2019 at 13 h 38 min
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    Bonjour Catherine,
    Encore un très bon article sur la Suède !! Je me souviens très bien de Fifi Brindacier dont je regardais la version française le jeudi après-midi, dans les années 65/70, je pense (je suis née en 1958) …
    J’aimais beaucoup ce petit personnage avec ses couettes qui se soulevaient toutes seules !!
    Que de bons souvenirs.
    Encore merci et félicitations pour ce beau voyage dans l’enfance !
    Marie-Christine

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    • 9 décembre 2019 at 8 h 34 min
      Permalink

      Merci Marie-Christine.
      Ravie de vous avoir replongée dans vos souvenirs d’enfance.
      Au plaisir.
      Catherine

      Reply

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