Les enfants en Suède

Même si dans ce post je tiens absolument à éviter de faire des généralités, je crois qu’on peut le dire haut et fort : « En Suède, l’enfant est roi » !

Depuis le début des années 1970, le sort des petites têtes blondes a une place importante dans la politique de l’Etat et tout est fait pour leur bien-être et leur épanouissement. Les enfants peuvent même porter plainte contre leurs parents ou saisir un médiateur (ombudsman) s’ils s’estiment discréminés.

Sur l’espace public, on trouve des aires de jeux à tous les coins de rue. Dans notre quartier, en l’espace de deux rues, il n’y en a pas moins de sept ! Idem dans tous les musées et lieux publics qui disposent presque à coup sûr d’un coin enfant mettant jeux et livres à disposition de leurs jeunes visiteurs. Le plus insolite étant les coins-jeux dans les églises où les enfants peuvent lire la bible illustrée, colorier un dessin de Jésus ou se déguiser en prêtre ou cardinal ! Au resto aussi, il est important de faire plaisir aux enfants et s’ils n’ont pas envie du classique « steack-frites », ils pourront déjeuner de panncakes. No problemo.

Concernant l’éducation, l’école suédoise, en plus d’être un lieu où acquérir des connaissances, se veut un lieu d’épanouissement de l’enfant en tant que personne. Les enfants sont constamment encouragés et valorisés. Zéro frustration, zéro contrainte, zéro punition. Les individualités des enfants sont tellement respectées que les professeurs se retrouvent à donner autant de cours particuliers que d’élèves dans leur classe. Et de respecter les envies de chacun. Entre les enfants à qui il ne faut pas parler trop fort, ceux qui suivent le cours depuis le couloir, et ceux qui n’ont tout simplement pas envie, pas simple d’être instit’ en Suède. D’ailleurs, la profession est en crise et les démissions nombreuses.

Il faut dire que leur tâche n’est pas facilitée. Ayant l’interdiction de toucher les enfants, ils ne peuvent séparer les protagonistes d’une bagarre. Le fait d’élever la voix étant très mal vu, ils peinent à se faire entendre et respecter. D’ailleurs, je n’ai pas vu beaucoup de respect à l’école. Les enfants parlent aux professeurs et animateurs avec agressivité et condescendance. Choquée, je l’ai un jour fait remarqué à un des ces adultes qui m’a répondu, un peu blasé, que « c’était tout le temps comme ça et qu’il fallait du temps pour que les enfants comprennent »… Les enfants semblent avoir tous les droits; dans l’école de ma fille par exemple, ils tiennent chaque semaine un conseil de classe où ils font une liste de doléances à laquelle l’école tâche de répondre au plus vite. Une nouvelle balançoire, un trampoline, des pizzas à la cantine, une nouvelle peinture dans les toilettes, de nouveaux canapés… C’est bien tout ça mais les enfants n’ont pas l’air de remercier ni d’avoir l’idée de se dire « Et nous, qu’est-ce que l’on pourrait faire pour l’école en retour ? ». Est-ce spécifique à l’école de notre quartier ? Pas sûr quand j’entends le témoignage de notre entourage, expatriés comme suédois.

Idem à la maison. En Suède, il est très mal vu de hausser le ton sur ses enfants, du moins en public et nous avons souvent assisté à des scènes de caprices, grosses colères, ou même à des parents se faisant taper par leurs enfants. Après avoir été le premier pays d’Europe a interdire la fessée dès 1979, la Suède serait-elle passée d’un extrême à l’autre ?

En tout cas, les parents suédois sont de plus en plus nombreux à se poser des questions et à chercher un peu plus de discipline, à l’école notamment. La preuve en est les listes d’attente interminables dans les écoles internationales, choisies par les familles pour leur discipline, avant même l’enseignement de l’anglais. A notre arrivée en Suède, on nous a souvent dit que les français étaient connus pour la qualité de leur éducation et pour avoir des enfants bien élevés. On fait ce que l’on peut mais c’est vrai que je n’ai malheureusement pas entendu beaucoup de petits suédois dire « merci » et « s’il vous plaît ». D’ailleurs, le « s’il vous plaît » a presque disparu de la langue …

Après, je dois bien avouer que tous les petits français ne sont pas bien élevés, loin de là, et que les parents suédois font certainement de leur mieux en fonction des codes de leur société. Et ce qui est sûr, c’est que nous ne souhaitons tous que le bonheur de nos petits bouts.

Petit lexique suédois :

ett barn = un enfant
lyckan = le bonheur
älska = aimer
respekt = respect
klassråd = conseil de classe
tack = merci

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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