Expatriés : quelle scolarité française pour nos enfants ?

La question de la scolarité des enfants expatriés n’est pas simple à gérer et est souvent source d’inquiétude pour les parents. Du moins pour nous, ce fut le cas !

Je dirai que la première question à vous poser est ‘Est-ce que je souhaite que mon enfant reste au contact du programme scolaire français?’. Si vos enfants sont jeunes, peut-être n’ont-ils pas encore appris à lire et à écrire en français avant votre départ ? Ou s’ils savent lire et écrire, leur niveau d’orthographe, grammaire et conjugaison, ont peut-être encore besoin d’être consolidés ? Peut-être souhaitez-vous qu’ils acquièrent des connaissances sur l’histoire ou la géographie de la France ? Et les maths, même si c’est universel, peut-être le pays dans lequel vous allez n’a pas a niveau aussi élevé que le niveau français (ce qui est le acs en Suède par exemple) ?

Tout dépend aussi de votre projet. Vous verrez les choses différemment si vous comptez vous installer sur le long terme dans votre pays d’adoption et que vous ne pensez pas que vos enfants auront à reprendre une scolarité en France un jour, ou bien que vous savez que votre expatriation ne durera que quelques années. Pour notre part, à notre départ, nos filles étaient en Grande Section de maternelle et en CE2 et même si nous ne savions pas si nous allions rester deux ou dix ans en Suède, nous ne nous voyions pas les laisser stagner avec leur niveau de français de l’époque. Et surtout, nous ne voulions pas qu’elles reprennent leur scolarité au retour en France au niveau où elles l’avaient quitté, ce qui aurait signifié pour elles la perte de plusieurs années et un gros décalage avec les enfants de leur âge.

Si vous souhaitez que vos enfants suivent une scolarité française, plusieurs cas de figures se présentent à vous en fonction du pays et même de la ville de votre expatriation.

En effet, si vous atterrissez dans une grande ville qui propose une école, un collège ou un lycée français, pas de problème. Votre enfant pourra y suivre le cursus français en plus d’apprendre la langue et la culture du pays. Nickel ! Pour vous, ce sera aussi un bon moyen de rencontrer d’autres expatriés et d’élargir votre cercle. Attention toutefois au niveau d’éducation proposé car il peut différer d’un établissement à l’autre. Moi par exemple, j’ai fréquenté une école française en Mauritanie jusqu’à mes huit ans. J’y étais bonne élève mais à mon retour en France en CE2, il s’est avéré que je n’étais pas du tout au niveau ! Heureusement que je suis tombée sur un super instituteur qui a pris le temps de me remettre à niveau et qu’en quelques mois, tout est rentré dans l’ordre.

S’il n’existe pas d’enseignement officiel du programme français, ce sera à vous de jouer la maîtresse. Seul ou accompagné.

Première solution : le CNED (Centre National d’Apprentissage à Distance) où vous pourrez inscrire votre enfant en Scolarité Complémentaire Internationale. Il s’agit d’un programme basé sur les fondamentaux, sensé être adapté aux enfants déjà scolarisés dans une école locale. Sauf que quand vous recevez les cours, vous vous rendez compte que les leçons quotidiennes vont prendre plusieurs heures et que ce sera un véritable effort à fournir pour l’enfant après sa journée d’école. Heureusement qu’en Suède, les enfants finissent tôt ! Donc pas sûr que ce soit si « adapté » que ça mais bon… il faut bien y passer. Et de toute façon, vous vous doutiez bien que cela n’allait pas être aisé. Pas facile non plus d’endosser la double-casquette de parent-enseignant. Il faut savoir gérer les tentatives d’attendrissement, les pleurniches, les problèmes de concentration, les plaintes, voire les larmes. Et de naviguer entre fermeté, douceur et pédagogie. Je pense qu’il est aussi très important de bien expliquer à son enfant en quoi cette double scolarité est importante pour lui et qu’il sera fier d’avoir fait cet effort dans quelques années.

Pour notre part, nous avons opté pour la solution CNED pour notre première année en Suède : CP et CM1. Même si le niveau des cours est très bon, j’ai souvent été frustrée de ne pas pouvoir adapter le contenu aux véritables besoins de mes filles. Chaque fin de module est sanctionnée par des évaluations, écrites et orales, à renvoyer pour être corrigées par le professeur référent. Le cadre est donc très contraint et les appréciations pas toujours bienveillantes. Même si mes filles ont fait une très bonne année, je n’avais pas du tout envie de réitérer l’expérience. Peut-être aussi que cette année « accompagnée » m’avait donné assez de confiance pour lancer toute seule (ou presque) ?

Deuxième solution donc : l’école à la maison, en autonomie. Que vous vous basiez sur les cours disponibles gratuitement sur Académie en ligne.fr, des manuels scolaires officiels, des dictées glanées sur internet, des cahiers de vacances ou tout autre support, c’est vous qui organisez le contenu et la durée des leçons. Cette solution a l’avantage d’être plus souple que la première. Vous pouvez adapter les cours, les durées, insister sur les notions mal acquises… Même si j’ai trouvé cette autonomie très appréciable, il faut savoir gérer la pression de l’organisation des cours, du rétroplanning à faire, du programme à finir. Car là, c’est sans filet ou presque et si vos enfants ne sont pas au niveau, vous ne pourrez pas vous empêcher de vous en vouloir !

Pour vos enfants qui ne savent pas encore écrire en français, ou dont l’écriture a besoin d’être consolidée, sachez que ce n’est pas l’école suédoise qui les y aidera car la Suède a banni l’écriture en attaché il y a des années (jugée trop compliquée) et que tout ce fait donc en script.

Enfin, dans mon post concernant l’école en Suède, je vous parlais des cours de langue maternelle (modersmål). Bien que l’initiative soit excellente, n’attendez pas qu’en une heure par semaine, votre enfant suive le programme français relatif à son âge. Il ne peut s’agir que d’un complément.

Maintenant, à vous de faire votre choix et bon courage !

 

Petit lexique suédois :

en skola = une école
undervisa = enseigner
hemma = à la maison
en lektion = une leçon
en nivå = un niveau

 

 

2 thoughts on “Expatriés : quelle scolarité française pour nos enfants ?

  • 1 avril 2019 at 8 h 15 min
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    merci beaucoup pour cet article, il s’agit effectivement d’un sujet majeur dans l’expatriation, nous hésitons encore dans notre choix ici, si ils ne vont pas en école internationale, nous ferons les cours à la maison, votre deuxième choix je pense !
    bonne journée.

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    • 1 avril 2019 at 8 h 18 min
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      A votre disposition si vous avez des interrogations. Belle journée à vous aussi.

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